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Portrait de Sarah Tétreault-Brisebois Sarah
Tétreault-Brisebois
Unité 10 — Bourbonnais Supervisée par Sébastien Bourbonnais
Apercu de la planche de vernissage

Anthroposcories

Vers une hydragonie consommée

Anthroposcories se déploie comme une architecture critique, un musée de la pollution où s'éprouve la condition anthropocentrique à travers une mise en tension de l'eau à son point de rupture. Le projet ne se contente pas de représenter les effets de la surconsommation : il les spatialise, les rend sensibles, en inscrivant l'agonie de l'eau au cœur d'un dispositif qui en révèle les strates invisibles.

Adossé au port, figure manifeste de la mondialisation et de ses excès, le musée emprunte au modèle de l'usine de filtration sa logique opératoire. Il en rejoue les séquences, non pour purifier, mais pour exposer. Chaque étape devient un moment d'extraction où se révèle une scorie spécifique, selon une gradation où l'effacement progressif de la matière visible signale une intensification de la toxicité. L'invisible y acquiert ainsi une densité critique.

Pensé comme une machine à éprouver, un filtre à l'échelle architecturale, le projet articule une succession d'espaces où alternent dilatation et compression, continuité et rupture. Ces variations configurent un champ de relations instables, traduisant spatialement les régimes de contrainte et d'oppression induits par les logiques économiques contemporaines.

L'eau, envisagée comme archive du monde, devient le médium premier de cette transmission. Elle est donnée à éprouver dans ses états multiples, mobilisant ses qualités physiques autant que sensorielles. Projet d'intériorité, Anthroposcories accumule et retient, condensant la matière et la pollution dans un espace qui exige du visiteur une forme de précaution, presque un rituel de protection. Cette immersion contrôlée renforce la conscience d'un milieu altéré.